Sousse, Deuxième Congrès National d’Embryologie

La presse | Tunisie | 13/12/2015

L’implantation embryonnaire en débat
Des solutions pratiques pour réussir l’implantation embryonnaire grâce aux nouvelles connaissances et recherches en épigénétique. Plus de 150 participants, parmi lesquels des embryologistes, des gynécologues, des généticiens, des endocrinologues, des pharmaciens…, venant de France, d’Espagne, d’Algérie et de Tunisie, ont pris part aux travaux du 2e Congrès national d’embryologie ayant pour thème «L’implantation embryonnaire», organisé par l’Association tunisienne des médecins embryologistes (Atme) et qui a eu lieu, les 11 et 12 décembre 2015, à El Kantaoui, à Sousse. Contacté lors de ce congrès, le professeur Ajina Mounir, responsable de l’unité de médecine de reproduction au CHU Farhat-Hached de Sousse et président de l’Atme, nous a indiqué que 6 communications orales, 9 conférences et 44 posters ont été présentés au cours de cette manifestation scientifique et médicale, qui a connu aussi l’organisation de 3 ateliers traitant respectivement de la prise en charge de l’azoospermie, du transfert embryonnaire et de la technique d’hybridation fluorescente in situ des spermatozoïdes (ou technique dite Fish). Plusieurs thèmes de conférences ont été débattus parmi lesquels on cite la préparation de l’endomètre pour le transfert de l’embryon congelé, l’exploration endoscopique de l’endomètre, le traitement médical de l’azoospermie obstructive, la technique de congélation des spermatozoïdes… «Ce congrès, a-t-il rétorqué, a débattu des solutions pratiques pour réussir l’implantation embryonnaire ainsi que des mécanismes génétiques et hormonaux destinés à bien préparer l’endomètre à une bonne réception de l’embryon afin d’obtenir une grossesse réussie chez la patiente infertile».
Des solutions pour les échecs répétés de l’implantation
Il ressort des interventions présentées par les divers spécialistes en embryologie, génétique et endocrinologie et portant sur «les solutions envisageables pour les échecs répétés de l’implantation embryonnaire» que le dialogue endomètre — embryon est un facteur fondamental pour la réussite de l’implantation. En effet, les nouvelles connaissances et recherches en épigénétique (expression des gènes dans les cellules embryonnaires), établies récemment, ont permis de comprendre le rôle de la qualité embryonnaire et celle de l’endomètre ainsi que d’expliquer les échecs d’implantation dus à certaines causes comme les anomalies de la méthylation du génome, la modification des histones (groupe de gènes) et les anomalies touchant les acides ribo-nucléiques (ou ARN) des cellules… De façon plus pratique, les intervenants ont insisté sur l’intérêt de recourir à l’endoscopie — après des échecs répétés de l’implantation — afin de cerner et de déterminer les causes organiques comme les polypes de l’endomètre (petites excroissances cellulaires), les fibromes utérins, les cloisons utérines, les synéchies utérines (petits saignements), l’endométrite (inflammation de l’endomètre), l’endométriose (pathologie affectant l’endomètre) et les causes tubaires (pathologies au niveau des trompes de l’appareil génital).
Vidéoconférence de Barcelone
De ce fait, la pratique de l’hystéroscopie devient indispensable pour remédier aux échecs répétés de l’implantation et permet d’avoir de meilleurs taux de grossesse dans le domaine de la procréation médicalement assistée (ou PMA). Le professeur Amelia Rodriguez, de la clinique médicale «Eugin» de Barcelone, a souligné au cours de son intervention portant sur «la préparation de l’endomètre pour un transfert embryonnaire réussi» — transmise de Barcelone par vidéoconférence — l’importance de la qualité embryonnaire (notamment au niveau de la cinétique harmonieuse de la division cellulaire) ainsi que de la préparation de l’endomètre afin de réussir l’implantation. Quant au choix de l’embryon de qualité, une nouvelle technique du «time-laps» a été adoptée récemment par les embryologistes.Elle consiste à prendre des photos séquentielles du développement embryonnaire et permet ainsi de choisir l’embryon de meilleure qualité pour un transfert embryonnaire réussi. Ce qui améliorera le taux d’implantation. A noter que cette technique, qui est pratiquée actuellement en Europe, sera appliquée en Tunisie dans un proche avenir.
Hichem Benzarti
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